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  • stephanepoiroux

De la mer à l'océan en 9 jours, bravo Erik !

"Aucun rêve n'est assez grand pour ne pouvoir être réalisé" - E. Clavery


Merci "La Dépêche du midi" pour cette belle photo.

Mais quelle escroquerie, on croirait presque que je suis vraiment arrivé à suivre Erik Clavery dans son incroyable défi de battre le record de la traversée des Pyrénées par le GR10 ... record qu'Erik pulvérisera en le faisant passer de 12 jours à ... 9 jours. Rien que ça !



Cette photo, c'est d'abord et surtout un super souvenir... Mais la réalité est moins flatteuse, car dès qu'Erik s'engageait dans une ascension, je mettais le clignotant au bout de 30',40' voire 50', dans le meilleur des cas, incapable de tenir le rythme imposé.

Il avait beau avoir plus de 500 km dans les pattes, son allure lente en montée restait malheureusement trop rapide pour moi.

Si vous me lisez, vous m'êtes forcément sympathique, alors je vais vous donner un conseil d'ami...si jamais, lors d'un de ses prochains défis, vous courrez avec lui, évitez de le suivre après la sieste :-). Et venez affûté, comme pour un ultra, histoire de profiter au maximum de ce moment qui vous est offert.

C'est un peu mon grand regret finalement : ne pas avoir préparé ce moment de partage comme une course pour tenir le plus longtemps possible et faire des étapes plus longues.

Je suis un peu envieux de ceux qui ont réussi à faire de belles étapes et reste très admiratifs de ceux qui ont réussi à lui ouvrir la voie sur de bonnes distances. Bravo les gars !

Mais ça remet bien les choses à leur place, Erik est un champion et le suivre reste un honneur dont il faut être digne.


Quel champion, quelle source d'inspiration pour moi mais aussi pour mes enfants qui n'ont pas rechigné à attendre l'arrivée d'Erik à 3h30 du matin sur la plage d'Hendaye, tant eux aussi avaient l'impression de vivre quelque chose d'exceptionnelle.

Ils n'ont pas râlé de devoir lever le camp tous les jours (pendant les 4 derniers jours de sa traversée (se lever à 8 heures démonter les tentes et les remonter à 20 heures).

Ils n'ont pas râlé de devoir prendre la voiture et rouler à sa rencontre (2 à 3 heures par jour), alors que l'eau de la piscine du camping aurait pu paraître plus accueillante pour des adolescents ou jeunes adultes.

Non seulement ils n'ont pas râlé, mais ils nous ont même remercié de leur "avoir fait vivre cette aventure" - dixit Guillaume, mon fils cadet de 17 ans, le seul de la famille, finalement à avoir réussi à suivre Erik sur une section de 20 km.

C'est que dans notre famille, tout le monde s'est essayé à suivre le champion : certains prenaient de l'avance pour finir la portion de 20 km avec lui (ma femme Cécile), d'autres commençait avec lui pour sauter avant la fin (sauf Guillaume qui a tenu 2 fois jusqu'au bout). Mon fils aîné, Rémi (19 ans), a voulu, une fois, opter pour la même technique que sa mère ... il est parti une heure en avance (sur une portion de 20 km avec 2000 de D+), mais du coup il est arrivé 20' avant Erik...il n'avait pas anticipé qu'Erik allait faire une sieste et pensait, de fait, que l'écart au départ serait moindre.

Cécile se souviendra longtemps de la joie d'Erik voyant qu'elle arrivait à le suivre sur une portion. Erik lui a même dit qu'elle l'avait impressionné ... quand elle a réussi à récupérer en descente le retard pris dans la montée...Erik voulait épargné sa cheville en descente et allait "doucement" mais quand même il fallait le faire.

Quant à Romane, notre petite dernière de 14 ans, elle a couru 20' avec lui sur une fin d'étape et elle était enchantée.

Bref, Erik, en ce moment, c'est un peu l'idole de la famille !


Il faut dire qu'au delà de la performance sportive, il y a aussi l'attitude : l'attitude d'un champion qui reste abordable et toujours souriant.

Ce qui nous a le plus impressionné, au delà de son rythme, de son mental, de sa confiance inébranlable, c'est son extrême lucidité.

Erik c'est un peu un ordinateur qui court et qui est capable en fonction de ses sensations d'ajuster à la baisse ou à la hausse son étape et de recalculer immédiatement l'impact que cela va avoir sur ses prochaines étapes. Bon, on sent que c'est SON projet, qu'il l'a en tête depuis quelques années et qu'il le connaît sur le bout des doigts.

Pendant les 4 journées où nous l'avons suivi, nous avons toujours vu, et ce malgré les nombreux km parcourus, quelqu'un capable de parler et de se souvenir de détails propres aux personnes qui l'entourent. Le 14 juillet, au début d'une étape, alors que je cours à ses côtés et que je l'avertis que nous partirons avant son arrivée car le mercredi 15 juillet, je travaille, il me dit "ah mince, de toutes façons on s'appelle bientôt pour le stage" (toute l'équipe de la Cours'Son Nature va faire un stage d'une journée avec lui)...

Mais, là où il nous a vraiment scotché c'est alors qu'il aperçoit Cécile, en haut d'un col, en pleine nuit, à quelques heures de son arrivée (et oui finalement nous avons décidé de rester jusqu'au bout), il lui dit, en plein dans l'effort, alors qu'on voit qu'il souffre : "ah finalement Stéphane a réussi à poser sa demi journée". Incroyable !


Bref on a passé 4 superbes jours à vivre quasi de l'intérieur les coulisses d'une performance hors norme. Encore merci, Erik, pour ce partage.

Et puis, nous avons rencontré et échangé avec tout un tas de sportifs, amis fidèles d'Erik ou sportifs juste admiratifs voulant lui rendre hommage.

Forcément, je ne peux pas ne pas parler de la team bretonne, des mecs hypers sympas et qui envoient "grave du steack"... et parmi eux, Jérome, un mec qui est là tranquille, incognito, souriant, qui suit Erik sur plus de 200 km, en 2 jours, avant de prendre son vélo, le lendemain, pour aller chercher sa voiture...et faire 200 km en en profitant pour faire 4 ou 5 cols mythiques des Pyrénées... bon, OK Jérome a fait 9ième à la Diagonale des fous.

Et puis que dire du golgoth, hyper musclé et souriant, qui, à l'instar de Nahuel Passerat sur la portion ariègeoise, a débarqué à Luz Saint Sauveur pour faire quelques kilomètres (une centaine ?) avec son pote pour lui apporter son soutien et son amitié. Je ne connais pas son nom, mais il avait une tenue de l'équipe de France.

En fait, quand on est un gars bien, simple qui ne se la raconte alors que, pour le coup, il pourrait se la raconter, et bien on fédère, on donne envie. Cela ne trompe pas, à l'arrivée d'Erik (pourtant à 3h30 du matin), il y avait du monde : la famille, des amis, des sportifs plus ou moins du dimanche qui voulaient lui rendre hommage.

Quant à nous, nous avons pris la route à 4 heures du matin, direction Courçon car j'embauchais à 9 heures de la même journée. Personne n'a râlé dans la voiture ...merci à Rémi et Cécile d'avoir fait un "Hendaye - Courçon" en un peu moins de 4h30...ce qui m'a permis de sauter dans ma voiture, pour refaire 30 km et arriver à Niort quasi à l'heure à la réunion que je pensais avoir à 9 heures...et qui finalement était à 10 heures.


Mais, "quand on aime, on ne compte pas". Et ce n'est pas Erik Clavery qui fera mentir l'adage...car lui, les kilomètres, il ne les compte plus..et, à mon avis, nous ne sommes pas à l'abri d'un prochain défi encore plus fou. A bon entendeur !


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